Reconstruire la zone d’activité sur elle-même, la nouvelle priorité ? - Le Blog du Foncier

Reconstruire la zone d’activité sur elle-même, la nouvelle priorité ?

L’optimisation du foncier dans les zones d’activités a pendant longtemps été ignorée, l’extension et l’accueil de nouvelles entreprises se faisant essentiellement par extension ou création de nouvelles zones d’activités économiques.

 

L’essoufflement du modèle extensif

Aujourd’hui, un certain nombre de facteurs militent en faveur d’une « reconstruction de la zone d’activité sur elle-même » par optimisation du foncier et de ses usages :

> Les industriels sont à la recherche de nouveaux services et de nouvelles fonctions, qui conditionnent leur compétitivité. La capacité des ZAE à mutualiser des espaces partagés, à favoriser des approches plus collaboratives, à implanter des fablab et des tiers lieux …devient un élément déterminant de leur attractivité.

> Le modèle extensif de l’offre économique s’est traduit par une augmentation exponentielle des coûts de gestion et de maintenance des équipements et voiries publics, sans qu’il y ait eu pour autant une augmentation équivalente des recettes fiscales, les mouvements d’entreprises se faisant souvent au sein d’un même bassin ;

> La limitation de l’offre foncière, qui vient d’être renforcé par l’objectif de 0% d’artificialisation nette des sols d’ici 2025, conduit à un asséchement des possibilités d’offre en extension. C’est particulièrement vrai des pôles métropolitains et des secteurs contraints par la géographie et les risques technologiques et d’inondation.

Ces fortes évolutions de contexte obligent les collectivités à travailler sur l’existant, en lien étroit avec leurs occupants qui détiennent la majorité du foncier et des bâtis. Or, il existe peu de retours d’expérience dans ce domaine, contrairement au secteur du logement.

 

Penser optimisation des usages à foncier constant

Conscient de ces enjeux, le Centre d’échanges et de Ressources Foncières s’est engagé dès 2016, avec ses adhérents et l’appui d’un groupement d’études spécialisé, dans une démarche exploratoire visant à identifier les leviers d’optimisation foncière dans le ZAE existantes, dans un esprit « gagnant / gagnant » pour toutes les parties prenantes.

Si l’action foncière est apparue comme incontournable pour remembrer les fonds de parcelles ou réhabiliter des fonciers pollués, la sensibilisation des entreprises aux enjeux de valorisation foncière et immobilière, la mutualisation des fonctions entre les entreprises (externalisation de salles de réunions, du stockage…), l’adaptation des règlementations à la densification, la rationalisation des parkings et des bassins de rétention …se sont avérées être des  pistes pour renforcer l’efficacité des entreprises en place tout en augmentant les m2 constructibles.

Le CERF présentera les résultats de ce travail lors du colloque « Optimisation foncière des ZAE existantes, comment faire ? » qu’il organise le 30 septembre à Lyon. Ce sera aussi l’occasion d’enclencher un premier échange à l’échelle régionale entre tous les acteurs présents sur ces zones : collectivités, gestionnaires de zones d’activités, chefs d’entreprises, propriétaires, opérateurs fonciers, commercialisateurs, urbanistes, développeurs.

Ce colloque intervient dans un contexte national particulièrement sensible à la mobilisation du foncier économique comme en témoigne la récente mission confiée par le gouvernement au député Guillaume Kasbarian sur l’accélération des procédures préalables à une implantation industrielle et la mise en place de deux groupes de travail nationaux sur la réhabilitation des friches industrielles pour de l’économie.

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